Comme la plupart d’entre nous tous, j’ai été formée par une éducation dont la base se trouve dans le rationalisme, sans lequel toute organisation deviendrait impossible dans une société civilisée. Pourtant, après des années de pratique de Qi Gong, Tai Chi, Éventail… Un certain déclic s’est produit en moi, à la suite de quoi toute la structure de ma pensée a été remise en question. J’ai commencé à voir le monde d’un œil tout à fait nouveau.

C’est autour de mes 40 ans que j’ai engagé une démarche qui bouscule les évidences et les à priori communément admis : l’à priori du temps et de l’espace, la dualité du moi et de l’environnement, la causalité, la supériorité de l’esprit sur la matière, la force de la volonté, le pouvoir apporté par les connaissances…

Depuis le jour où j’ai eu la révélation du Qi, du souffle, mon désir n’a cessé de grandir en moi d’exprimer l’inexprimable, de communiquer l’incommunicable, de me dégager de l’emprise d’imaginations figées, et du coup, je n’ai eu de cesse de faire comprendre aux pratiquants qu’il n’y a pas d’autre maître que soi-même, et qu’un échec vaut parfois mieux qu’une réussite.
Aucune formule n’est valable tant que l’individu ne se sent pas vivre. S’il se sent vivre pleinement, il ne manquera pas de trouver sa formule à lui.

La liberté surgit de la conviction profonde de l’individu.

Le but, c’est de retrouver un état d’âme originel, celui d’avant la naissance.
Le but, c’est de rechercher à exercer sa sensibilité, comprendre dans ses sensations.

Les Européens sont très souvent comparés en Chine à des poissons congelés, l’énergie bloquée à la tête telle une cocotte-minute, et le corps insensible, inerte comme un bout de bois, privé de vie.
Par la pratique régulière du Qi Gong et des mouvements régénérateurs, je me suis réveillée doucement mais sûrement, dans mon corps, mais aussi dans ma tête. Je me suis libérée pas à pas des tensions intérieures, j’ai retrouvé une sensibilité assoupie, redonnant vie aux sens de mon corps.
Le travail sur la respiration et l’énergie intérieure m’ont aidée à m’harmoniser au cosmos.

C’est ainsi que j’ai retrouvé la liberté, non pas le concept de la liberté, mais une liberté intériorisée, ancrée dans une énergie intérieure bien centrée. Celle qui fait que devant les choses de la vie, le corps sent spontanément ce qu’il doit choisir. Celle qui nous fait aller jusqu’au bout de ce qu’on a choisi.

C’est ainsi que, plus j’ai récupéré la sensation, plus ma perspective a changé, mon horizon s’est élargi et mon mouvement est devenu plus libre encore…
Quelle joie de vivre le dépouillement intérieur, le cœur de ciel pur, la pratique sans but, juste pour le plaisir et l’autonomie personnelle.

Suzanne Wendling

Laisser un commentaire...

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X